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Vigident : Valoriser les compétences régionales au service d’un projet innovant
Lancée il y a un an et demi, la start-up Vigident s’apprête à introduire son produit DENISE (« Denture Innovative Services ») sur le marché d’ici peu. L’occasion de rencontrer ce membre du Pôle Mecatech et de découvrir ce parcours ambitieux avec l’un des associés de la jeune société, Gilles Monat.

 

Comment est née l’idée de Vigident ?

Avec mes deux associés dont l’un est dentiste, nous avons été très impliqués auparavant dans une structure qui propose en Belgique des services de consultations de dépistage et de soins dentaires « à domicile » dans des institutions en utilisant des moyens et équipements mobiles. Malgré les besoins importants et le succès de cette initiative, nous nous sommes vite rendu compte que notre potentiel d’action était assez limité tant par la difficulté de trouver des dentistes qui se déplacent sur l’ensemble du territoire que par l’importance des moyens mobiles à mettre en œuvre.

L’idée déjà présente de développer une plateforme de téléconsultation dédiée à la santé bucco-dentaire s’est alors développée. La téléconsultation qui a connu un véritable essor avec le confinement l’année dernière existe depuis longtemps et est déjà utilisée dans plusieurs domaines médicaux : la médecine générale ou encore la dermatologie et quelques autres spécialités. Mais rien de tel n’était présent pour la dentisterie. En cause, le besoin pour un praticien de voir l’intérieur de la bouche avec une vision globale tout en étant précise. Or, ce n’est pas possible sans outil spécifique.

Nous nous sommes développés pendant un an avec cette mission d’améliorer l’accès à la prévention de la santé bucco-dentaire par le développement de technologies adaptées, dont la téléconsultation.

Il faut savoir qu’une partie significative de la population accède difficilement à des dentistes. Parfois par manque de mobilité comme c’est le cas pour les personnes âgées ; parfois parce qu’il n’y a pas de cabinet dentaire à proximité (il y a presque des déserts médicaux dans les provinces de Namur ou du Luxembourg) ; parfois par manque d’intérêt ou de temps pour la prévention. Cette situation a des conséquences : la plupart des pathologies bucco-dentaires parce qu’elles ne sont pas détectées et prises en charge à temps, empirent en affections douloureuses, plus graves et plus coûteuses, avec des conséquences importantes sur la santé générale ce qui est médicalement prouvé par de nombreuses études.

Avec Vigident, notre projet est de pallier ces manques et de proposer une solution de suivi à distance accessible et simple à mettre en œuvre.

Quelles sont les solutions que vous proposez ?

Nous développons une plateforme qui repose sur trois éléments.

Le premier, c’est l’Odontoscope®. Il s’agit d’un dispositif médical que nous avons conçu et qui permet, grâce à un simple smartphone la prise de photos intra-orales standardisées. Ce n’est pas tout d’envoyer une photo à son dentiste, il faut que le cliché réponde à certaines exigences de qualité et reproductibilité pour pouvoir être analysé.

Ensuite, il y a l’application sécurisée, accessible par le web via un smartphone ou un ordinateur. Grâce à cette plateforme, un échange d’informations médicales peut être établi entre le patient et le dentiste.

Enfin, des algorithmes de reconnaissance visuelle. Cette intelligence artificielle est utilisée pour détecter et quantifier dans une image le signe ou l’absence de signes d’une pathologie. C’est une première étape de détection qui ne remplace en aucun cas le travail d’un dentiste, mais qui permet une première identification et des comparaisons dans le temps précises pour assister le dentiste et prévenir le patient d’un éventuel problème.

Quels sont les moyens que vous avez déployés pour aboutir à ce produit ?

Nous sommes actuellement trois personnes opérationnelles dans la société : une chef(fe) de projet, mon associé dentiste et moi-même. Même si nous comptons engager de nouveaux collaborateurs dans les prochains mois, nous ne souhaitions pas nous lancer au démarrage dans le recrutement de profils techniques ou IT durant l’étape de développement. En effet, la création de l’Odontoscope®, de l’application et la conception de l’intelligence artificielle nécessitent des compétences et profils multiples. Nous nous sommes plutôt mis en recherche de prestataires pour tous ces aspects que nous ne maitrisions pas. Grâce au Pôle Mecatech, nous avons pu identifier des partenaires dans différents domaines : marketing, finance, juridique ou encore intelligence artificielle et IT.

Parmi les partenaires, il y a notamment Sagacify (également membre du Pôle) qui est une entreprise experte en « machine learning » avec une grande expérience de déploiement en production des solutions basées notamment sur le deep learning. En d’autres termes, à partir d’une base de données d’images, un algorithme peut être développé pour détecter différents éléments visuels (que ce soient d’éventuelles pathologies ou d’autres choses). Nous leur fournissons toutes ces images et ils créent des modèles pour entrainer des algorithmes à reconnaitre des pathologies qui sont pertinentes en matière de prévention bucco-dentaire.

Via cette collaboration, nous avons d’abord travaillé sur des prothèses dentaires. L’idée était d’une part de pouvoir les identifier grâce à un marquage numérique et d’autre part de pouvoir évaluer leur état et détecter d’éventuelles détériorations.

Dans un second temps, nous avons également avancé sur le développement de l’Odontoscope®  et la collecte de photos intra buccales toujours dans cette optique de prévention grâce aux algorithmes.

Autre partenaire et non des moindres, le centre de recherche Sirris. Aucun des associés de la startup n’étant ingénieur, nous avons donc à nouveau choisi de sous-traiter ces compétences de conception en faisant appel à eux pour passer de l’idée initiale à une concrétisation en objet.

Je citerai encore IOL qui est une agence de design industriel basée à Liège. Il était important pour nous au delà de la conception initiale de travailler avec eux pour la finalisation et le design de l’Odontoscope® puisque c’est un outil qui est destiné à tout public, tant les enfants que les personnes âgées. Il doit devenir un bel objet, très fonctionnel qui suscite l’envie d’utilisation.

Vous évoquez notamment les enfants et les personnes âgées. Quel est votre public finalement ?

Notre ambition est d’inscrire notre projet dans une offre de service globale autour de la prévention bucco-dentaire. Cela peut concerner différentes populations, mais dans un premier temps, nous avons développé un produit qui s’adresse plutôt à la génération ‘silver’. Nommé ‘DENISE’ pour ‘Denture Innovative Services’, il s’agit en fait d’un portail multiservice au bénéfice des porteurs de prothèses dentaires et de leur entourage.

L’idée est de proposer le marquage numérique d’identification des prothèses dentaires à partir d’une photo (évoqué plus haut), une évaluation et un suivi de l’état et du niveau d’hygiène des prothèses dentaires. Ce service s’adresse essentiellement aux Maisons de Repos et patients à domicile porteurs de prothèses dentaires. Il permet aux utilisateurs d’être informés de l’état et du niveau d’hygiène de leurs prothèses et aux établissements de s’assurer de la mise en place et du suivi de politiques d’hygiène bucco-dentaire mais aussi plus simplement d’identifier en 1 clic les porteurs de prothèses égarées.

En ce qui concerne ce produit, nous sommes en train de « recruter » des maisons de repos pour le tester dans des situations réelles. Cette phase ‘pilote’ se déroulera sur les 3 premiers mois de l’année 2022. Et nous espérons un lancement commercial dès la fin du mois de mars.

Vous avez d’ailleurs candidaté à un prix en France avec DENISE…?

En effet, le concept de ‘SilverEco’ est plus développé ou plus structuré outre-Quiévrain. La silver économie (ou économie des séniors) est une notion qui désigne l’ensemble des marchés, activités et enjeux économiques liés aux personnes âgées de plus de 60 ans.

Il y a ainsi un festival « B2B SilverEco Bien-Vieillir » qui prend place chaque année, à Cannes en 2021, avec notamment des prix pour les projets portés par des starts up. Nous avons postulé dans la catégorie ‘Santé E-SAnté’ avec notre projet d’outils de téléconsultation bucco-dentaire. En décembre, nous nous sommes rendus sur place pour pitcher notre concept. Nous n’avons pas remporté le prix, mais avons été classés dans les 5 finalistes sur 14 startups, ce qui constitue déjà une belle reconnaissance de notre démarche.

Quel a été l’apport du Pôle Mecatech pour votre projet ?

Le Pôle nous a surtout mis en contact au tout début avec des partenaires de confiance. Grâce à cela, nous avons pu gagner un temps précieux qui nous a permis de nous consacrer à la recherche et au développement.

Notre start up est installée à Gosselies et nous sommes très fiers de nos origines wallonnes. La société a bénéficié de différentes aides (Digital Attraxion, Chèques Entreprises, dossier en cours d’avances récupérables via la DGO6, accompagnement via plusieurs structures, etc.).

Nous sommes heureux d’avoir pu intégrer un écosystème comme celui des MedTechs et de la santé grâce à des organismes comme le Pôle. Notre volonté aujourd’hui est de continuer à collaborer avec des entreprises de la région, puis de pouvoir s’exporter. C’est le propre même de la téléconsultation : il n’y a pas de limites de frontières. Nous débuterons par le marché wallon, puis nous nous tournerons vers la France et l’international par la suite. Le tout en gardant cet ancrage en Wallonie qui héberge toutes les compétences dont on a besoin.

Par ailleurs, nous espérons entrer dans un prochain appel à projets avec des partenaires industriels et des partenaires de recherche pour faire évoluer nos différents outils de téléconsultation et rendre ainsi notre offre plus performante et en adéquation avec le marché.

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