Défense, aéronautique, nucléaire, automobile, solaire… Derrière des équipements parmi les plus complexes se cachent parfois des composants métalliques de quelques millimètres.

À Nivelles, Filame en a fait sa spécialité. Membre de MecaTech, cette PME wallonne démontre qu’une industrie manufacturière compétitive et résolument tournée vers l’international a toute sa place en Belgique.

Écosystèmes
  • Énergie durable
  • Défense & Sécurité
  • Industrie 5.0
  • Économie circulaire
Critères de succès
  • Augmentation du chiffre d'affaires
  • Création d'emplois
  • Développement à l'international

Créée à la fin des années 1980 et installée à Nivelles depuis 2007, Filame s’est progressivement imposée comme un spécialiste de la fabrication de pièces métalliques en fil et en feuillard, et plus particulièrement des matières ressorts. Depuis 2015, l’entreprise a accéléré son développement, notamment à travers l’acquisition de trois sociétés belges et leur intégration sur son site de Nivelles. Un site qui compte aujourd’hui 8.000 m² d’ateliers.


Aujourd’hui, Filame emploie environ 45 personnes et réalise un CA consolidé de 7 millions €. Mais derrière ces chiffres se cache surtout un savoir-faire industriel particulièrement pointu.

Bien plus que des ressorts

Ressorts de compression, de traction ou de torsion, clips, lames ressorts, pièces découpées ou formées… Filame travaille à partir d’aciers, d’inox mais aussi, depuis plusieurs années, d’alliages spéciaux destinés à des environnements particulièrement exigeants.

Cette montée en expertise lui a ouvert les portes de secteurs comme la défense, l’aéronautique, l’aérospatial ou encore le nucléaire. Filame travaille ainsi avec des acteurs tels que FN Herstal, Thales, KNDS ou Sonaca et fournit également des composants destinés au secteur nucléaire.

Le sur-mesure comme modèle industriel

La force de Filame tient surtout à son positionnement : l’entreprise ne vend pas de produits standardisés sur catalogue.

« Notre métier, c’est vraiment la fabrication sur mesure en fonction des besoins et des spécifications des clients », résume Jean Gabriel, CEO de Filame.

Chaque pièce est produite à partir des plans et des exigences spécifiques du client. Mais l’intervention de Filame va régulièrement plus loin. Ses équipes travaillent avec les bureaux d’études dans une logique de co-conception, afin d’adapter une pièce pour la rendre plus facile à produire, moins coûteuse ou plus performante.

Cette capacité à comprendre à la fois la pièce et son environnement d'utilisation constitue l’un des principaux avantages compétitifs de l'entreprise.

« C’est vraiment le match entre la connaissance des spécificités et des exigences d’un secteur et la capacité à adapter l’ensemble de nos moyens de fabrication », explique Jean Gabriel.

Une expertise qui englobe les procédés de fabrication, mais aussi le contrôle qualité et la maîtrise des normes propres à chaque secteur. Une réputation qui porte ses fruits : une partie importante des nouveaux clients de Filame arrivent aujourd’hui par le bouche-à-oreille.

Défense et solaire : deux marchés en pleine accélération

Parmi les marchés qui offrent aujourd’hui les perspectives les plus importantes à Filame, la défense occupe naturellement une place croissante. Mais un autre secteur connaît une forte accélération : le solaire.

L’entreprise codéveloppe notamment avec de grands acteurs européens des clips et systèmes spécifiques permettant de fixer les panneaux photovoltaïques, d'assurer leur mise à la terre ou de répondre aux contraintes particulières des grandes centrales solaires.

Deux univers a priori très différents, mais qui se rejoignent autour d’un même enjeu : disposer en Europe de partenaires industriels capables de développer et de produire des composants techniques à proximité.

Pour Jean Gabriel, la question de la souveraineté industrielle ne se limite donc pas à la défense. Dans le solaire également, la proximité facilite le codéveloppement, les échanges avec les équipes techniques et le retour qualité, tout en permettant aux industriels européens de conserver la maîtrise de leurs solutions technologiques.

Un marché domestique à ne pas sous-estimer

Le développement de Filame passe aussi par le marché belge. L’entreprise travaille avec plusieurs acteurs industriels flamands de premier plan, dont Picanol, leader mondial des métiers à tisser, pour lequel elle fabrique plus de 300 références, ou encore Packo. Pour Jean Gabriel, la Flandre représente un marché industriel proche et dynamique, dont les opportunités restent encore trop peu exploitées par les entreprises wallonnes.

Cette présence en Belgique s’accompagne d’un fort ancrage international : 75 % du chiffre d’affaires de Filame est réalisé à l’étranger, principalement en Europe. Une réussite récompensée par le Silver Export Award de l’AWEX en 2022.

Dans le futur, Filame entend approfondir son expertise technologique et devenir un acteur de référence dans les domaines où la maîtrise des matériaux, des procédés et des exigences industrielles fait la différence. Cela passera notamment par de nouveaux investissements dans les machines et les moyens de contrôle.

MecaTech : apprendre, rencontrer et anticiper

Membre du Pôle MecaTech et administrateur du Pôle, Jean Gabriel voit avant tout dans l’écosystème une opportunité de connecter Filame à d’autres industriels, experts et porteurs de projets. « Dans un écosystème, la principale valeur, ce sont les contacts privilégiés avec les autres acteurs. »

Au-delà des opportunités commerciales ou de collaboration, Jean Gabriel insiste surtout sur une autre dimension : apprendre de ce que font les autres et rester connecté aux évolutions technologiques. Filame a notamment participé à plusieurs initiatives et missions de veille technologique proposées par MecaTech.

Un enjeu particulièrement important à l’heure où l’intelligence artificielle et les outils numériques pénètrent progressivement l’industrie. Filame les a déjà intégrés dans certaines activités commerciales et commence également à les utiliser pour la supervision de sa production.

Pour Jean Gabriel, cette veille est devenue indispensable : « Si on veut progresser, il faut être au courant de ce qui se passe. Sinon, on est tout de suite dépassé. »

Participer à la réindustrialisation wallonne

Au-delà du développement de Filame, Jean Gabriel revendique enfin une ambition plus large. Son engagement au sein du conseil d’administration de MecaTech traduit sa volonté de contribuer activement au développement industriel wallon.

« Pouvoir participer à ces développements et devenir quelque part un acteur de ce mouvement de réindustrialisation et de développement de l’industrie en Wallonie est extrêmement important pour moi. On ne peut pas rester passif. »

Une conviction qui trouve un écho particulier dans le parcours de Filame. En une dizaine d’années, l’entreprise a fortement grandi, renforcé son expertise et gagné en reconnaissance internationale.

La preuve qu’en misant sur le savoir-faire, l’automatisation, la maîtrise technologique et la proximité avec ses clients, l’industrie manufacturière wallonne peut non seulement continuer à produire localement, mais aussi trouver sa place dans les chaînes de valeur européennes les plus stratégiques.

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